Au terme d’un projet de recherche et développement à long terme, lancé dans le cadre d’un programme OFIMER, à l’initiative de BioMar, des instituts de recherche français IFREMER, de l’INRA et de l’entreprise industrielle Lallemand, l’Union européenne a autorisé pour la première fois l’utilisation de probiotiques dans l’alimentation des salmonidés. Cette autorisation permettra à BioMar d’en intégrer dans plusieurs nouveaux aliments.
Ole Christensen, le directeur de la Recherche et du Développement de BioMar Europe Continentale explique : - Notre étude a démontré que l’utilisation de probiotiques dans les aliments destinés aux salmonidés peut avoir un impact significatif sur la santé des poissons et, par conséquent, sur le rendement de la pisciculture. De plus, le recours aux probiotiques présente d’importants avantages environnementaux puisqu’ils peuvent diminuer l’utilisation de substances médicamenteuses. Le risque de dispersion de résidus dans la nature est ainsi réduit.
Micro-organismes vivants
Les probiotiques sont définis comme « des micro-organismes vivants qui, lorsqu’ils sont administrés en quantités appropriées, exercent un effet bénéfique sur l’organisme qui les ingère ». Bien qu’ils soient courants dans l’alimentation des animaux terrestres et dans les produits alimentaires humains, ils représentent une nouveauté en pisciculture en Europe.
- En règle générale, les probiotiques exercent une régulation sur l’équilibre de la microflore intestinale. Cet équilibre est important pour la digestion des nutriments et pour la régulation de la croissance des bactéries indésirables dans l’intestin du poisson. En ce qui concerne l’alimentation humaine, les avantages des probiotiques sur la digestion sont bien connus. Citons les produits à base de lait fermenté, tels que certains yaourts.
En collaboration avec les autres partenaires du projet, BioMar a réalisé une série d’expérimentations en laboratoires et Dans plusieurs exploitations piscicoles d’Europe. Ole Christensen commente les résultats : - Les essais ont montré un impact positif sur le métabolisme, y compris l’effet des probiotiques sur la digestion de la matière sèche et sur la réduction des risques de gastroentérite, une maladie causée par des bactéries présentes dans l’intestin et responsable d’une mortalité élevée. Ces dernières années, plusieurs pays européens ont été sévèrement frappés par cette maladie, tout particulièrement au début de l’été lorsque la température de l’eau augmente.
L’approbation de l’Union européenne repose sur une documentation exhaustive des avantages de l’utilisation des probiotiques, principalement en ce qui concerne la réduction du risque de difformité (Syndrome de compression des vertèbres) chez les salmonidés. Les difformités représentent un problème épineux puisqu’elles entraînent une dégradation du bien-être des poissons, une mortalité plus élevée, d’importantes pertes dans le traitement du poisson et, en fin de compte, des préjudices économiques.
Nouveaux aliments d’alevinage
- Pour obtenir les meilleurs résultats, les probiotiques doivent être utilisés au tout début de la prise alimentaire et c’est la raison pour laquelle ce sont les aliments alevinage qui contiendront en premier ce type de suppléments nutritionnels, déclare Ole Christensen, et poursuit : - Les probiotiques seront intégrés à un nouveau concept d’aliments alevinage haute performance qui sera lancé au début de la nouvelle saison, mais nous sommes persuadés que les probiotiques pourraient s’avérer un élément important dans de nombreux types de nouveaux aliments dans les prochaines années. Ils pourraient entrer dans la composition d’aliments de grossissement haute performance ou être associés à des concepts de santé spécifiques.
Ole Christensen fait toutefois remarquer que l’ajout de probiotiques n’est qu’un élément du produit : - C’est en fin de compte l’association correcte des nutriments qui favorise la croissance du poisson. Bien que les probiotiques aident à la digestion, d’autres facteurs, tels que la sélection des matières premières et le processus de production, demeurent les éléments d’importance majeure pour l’optimisation de la performance alimentaire.
- Par ailleurs, les facteurs de lutte contre les maladies, dont l’hygiène de l’exploitation et les mesures générales de prévention, sont tout aussi importants pour maximiser l’état sanitaire de l’exploitation. Il faut aussi être conscient du fait que les probiotiques ne constituent pas un traitement, mais qu’ils font partie d’un ensemble de mesures de prévention, conclut Ole Christensen.